Manoir de Bel Ebat

Le manoir, restauré au XIXème siècle, entouré de pelouses, d’arbres séculaires et de sources, fut la propriété de l’éditeur de musique Auguste Durand, puis de son fils Jacques (élu municipal - bienfaiteur de la commune). Il accueillit dans cette plaisante villégiature ses amis musiciens : Saint-Saëns, Debussy, Dukas, Ravel, Schmitt, Ropartz étaient des habitués de Bel Ebat. Là, sous les ombrages ou sur la terrasse, l’on discutait composition, projets, création... Bel Ebat fut un havre pour le renouveau de la musique française au tournant du siècle.

Bel Ebat dans l’histoire

L’histoire de Bel Ebat, en tant que bâtiment construit, commence au XVIIème siècle sous le règne du Béarnais, Henri de Navarre. Passe-temps traditionnel de nos rois, qui fit de Fontainebleau un lieu de résidence temporaire incontournable, la chasse fut pour Henri IV une véritable passion, d’où peut-être une des raisons qui lui firent aimer et vénérer Fontainebleau et sa forêt. Le " Grand Œuvre " de François Ier, les travaux qui devaient transformer le château de Fontainebleau, fut sous ses successeurs, quelque peu abandonné, faute de moyens sans doute, mais aussi et surtout, faute d’une véritable volonté politique. Henri IV le reprit, avec une ampleur égale, et veilla à l’aménagement des appartements privés avec un soin jaloux. Sa "passion" n’est pas oubliée. C’est à lui en effet, que l’on doit la "Galerie de Cerfs" où sont conservés les souvenirs de ses plus beaux exploits cynégétiques, notamment 43 têtes de cerfs remarquables. De même, fait-il édifier la "Galerie des Chevreuils" où sept tableaux exposent par le menu les caractéristiques des principales chasses en usage à l’époque : chasse à courre, au vol ou à la toile. Toujours dans le même état d’esprit, il fait édifier les écuries de la Reine, et une magnifique volière où évoluent toutes sortes d’oiseaux, dont ceux qu’il destine à ses chasses "au vol" : aigles, faucons, hérons, cormorans, grues, ainsi que du gibier qu’il destine à sa table : outardes, poucres, opalles, ainsi que des petits oiseaux d’accompagnement. En forêt, afin d’en faciliter l’accès, il trace des routes de chasse, et comme s’introduit à l’époque la notion de voitures de luxe, il ouvre la "route ronde" afin de permettre aux dames de suivre ses équipages. Sur ces chemins, il fait construire des relais, des pavillons de chasse où ses gens, et ses chiens peuvent faire halte. C’est ainsi que naît "Bel Ebat", l’un de ces relais où, parfois, Henri IV se reposait, épuisé par une de ces longues courses passées à forcer un de ces " dix cors " qu’il aimait tant. C’est peut-être d’ailleurs à Bel Ebat, que le monarque, par un beau soir d’été, composa l’ode restée célèbre où il chantait la beauté et les vertus de son amie, Gabrielle d’Estrées.
Henri IV devait en effet rendre souvent visite à ces lieux, car les eaux fraîches des sources vives qui parcourent le parc de Bel Ebat, comme d’ailleurs dans tout le territoire d’Avon, sont rares en forêt de Fontainebleau

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Le manoir de Bel Ebat

Le manoir a été profondément remanié. Il a maintenant l’aspect que l’on connaît aujourd’hui : celui d’une vaste propriété familiale avec ses tourelles à la Violet-le-Duc, mais sans ostentation, laissant penser à ces demeures qui ornent la campagne anglaise. Une des dépendances, le pavillon de l’Erable, est transformée par Mme Marcotte en atelier afin de mieux se livrer à sa passion : la peinture. Aujourd’hui, ce pavillon très bien restauré par la municipalité d’Avon, légataire de Bel Ebat de par la volonté de Lola Dommange, dernière propriétaire civile des lieux, sert de salle d’exposition et de concert.

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Le parc quant à lui a été agrandi, des terrains mitoyens ayant été rachetés. Il a été orné de belles roseraies, doté de vergers et d’un vaste potager. Le manoir construit sur un tertre, possède une vue magnifique sur les frondaisons du parc et la campagne environnante. Ce détail n’est pas sans importance, car les artistes compositeurs qui seront plus tard invités par Jacques Durand ou René Dommange, et notamment Saint-Saëns, Fauré, Debussy et Ravel..., vont jouir de leur chambre de cette vue magnifique qui ne les laissera naturellement pas insensibles.
Christian Voisin, dans "Le Manoir de Bel Ebat" (Ed. du Puits Fleuri)

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Un peu d’histoire
Cliquez sur la vignette ci-dessus pour consulter une synthèse historique de ce haut lieu de la musique française (doc PDF).

Le Parc de Bel Ebat est ouvert au public toute l’année

  • De 8h00 à 19h00 (1er Octobre au 31 mai)
  • De 8h00 à 21h00 (1er juin au 30 Septembre)


Le Parc peut être temporairement fermé par nécessité de service ou en cas de graves intempéries.

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Arrêté parc Bel Ebat 2010-021